
Comme le relate Le Républicain-Lorrain, cette bâtisse oubliée pendant près de trente ans — que certains destinaient à la démolition — accueille des voyageurs depuis le 1er août 2026, sous la conduite d'Hubert et Hélène Grienenberger.
Une résurrection patiemment conduite
Trente années d'abandon laissent toujours une signature sur la matière: tassements différentiels dans les angles, eau infiltrée dans les maçonneries, végétaux qui s'invitent au pied des ouvertures, parfois jusque dans la charpente. Avant d'y dresser une table ou d'y ouvrir un lit, il faut retrouver un équilibre structurel que les décennies avaient effacé, et cela prend du temps — bien plus de temps qu'on ne le croit quand on visite une maison encore fermée. Hubert et Hélène Grienenberger, qui entament cette nouvelle carrière à 77 et 75 ans, ont accepté de prendre ce temps sans rien brusquer, pour rendre au bâti sa dignité d'usage et laisser respirer ce que les murs conservaient déjà.
Ce que la maison propose aux voyageurs de passage
L'établissement ouvre sur trois grandes chambres et un ensemble familial comptant trois pièces, dont une double — une configuration qui répond aussi bien aux couples en itinérance qu'aux familles qui remontent vers les Vosges du Nord. Le choix de Goetzenbruck n'a rien d'un hasard: le pays de Verre attire celles et ceux qui s'intéressent aux savoir-faire verriers, aux forêts limitrophes et à cette lumière particulière des vallées mosellanes. Pour notre lectorat alsacien, c'est aussi l'occasion de prolonger une escapade de l'autre côté de la frontière, là où l'architecture des maisons de carriers et de verriers entre en résonance avec celle que nous connaissons déjà.
Pourquoi cette ouverture mérite qu'on s'y arrête
Ce qui nous touche, dans cette histoire, c'est moins le nombre de chambres que le geste lui-même: refuser la démolition, accepter de reprendre un bâti oublié et d'y loger du vivant, c'est un choix qui engage la main et le regard pendant de longues années. Hubert évoque le plaisir des rencontres nouvelles comme moteur de cette reconversion — une richesse humaine qui, selon lui, justifie l'effort consenti. Pour celles et ceux qui cherchent une halte entre Bitche et l'Alsace bossue, ou qui veulent découvrir le pays de Verre autrement qu'en passant, cette adresse récente mérite qu'on la note.