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Crise du logement à Cancale : vers une régulation stricte des locations saisonnières

Selon les informations rapportées par Ouest-France, le petit port ostréicole peine désormais à loger ses habitants permanents comme ses travailleurs saisonniers, à mesure que la fréquentation estivale s'intensifie.

Crise du logement à Cancale : vers une régulation stricte des locations saisonnières

Sur la côte d'Émeraude, à l'autre bout de la France, la commune de Cancale — cinq mille six cent soixante-douze habitants, deuxième ville de l'agglomération de Saint-Malo — envisage d'encadrer plus strictement les meublés de tourisme. Selon les informations rapportées par Ouest-France, le petit port ostréicole peine désormais à loger ses habitants permanents comme ses travailleurs saisonniers, à mesure que la fréquentation estivale s'intensifie.

Le port sous pression

À Cancale, le mouvement est net: chaque été, davantage de visiteurs arrivent pour les huîtres et les paysages, et la pression sur le bâti se fait sentir. Le petit port, connu pour ses huîtres, attire un nombre croissant de touristes; la période estivale a été, selon les constats rapportés, particulièrement chargée. Cinq mille six cent soixante-douze habitants permanents peinent à trouver à se loger eux-mêmes; les saisonniers, indispensables à l'économie locale, aussi. Le titre choisi par la presse locale pour cette réflexion, « Nous avons du mal à loger tout le monde », résume la situation sans détour.

Le bâti ancien, premier témoin

Cette tension ne concerne pas que le littoral breton. Partout où le bâti ancien a du caractère, la question revient de savoir qui occupe la maison, et pour combien de temps. Une maison à colombages transformée en gîte, c'est une chambre qui disparaît du parc locatif classique; un corps de ferme réhabilité en suite d'hôtes, c'est parfois un foyer qui ne s'installera pas au village. Nous voyons cela concrètement, sur le terrain, quand nous accompagnons des projets de rénovation: l'hospitalité ne s'improvise pas, elle s'inscrit dans une trame déjà là. L'inertie thermique des murs épais, le chevillage des charpentes, la respiration naturelle des enduits à la chaux sont les premiers garants d'un accueil qui ne dégrade pas ce qu'il utilise.

Trois points à vérifier avant d'ouvrir

L'Alsace n'est pas Cancale, et chaque vallée garde son propre équilibre. Mais nous voyons déjà, dans les communes les plus prisées, des maisons qui ne sont plus occupées que quelques semaines par an, pendant que d'autres bâtiments se vident à l'année. La réflexion engagée sur la côte d'Émeraude mérite, à sa manière, d'être tenue chez nous aussi: non pour freiner l'élan de la rénovation du bâti ancien, mais pour rappeler qu'une maison qui reçoit n'a de véritable hospitalité que si elle reste vivante.

Concrètement, avant de se lancer, trois points méritent d'être posés calmement, sur le bâti comme sur le voisinage:

  • L'isolation d'une demeure du XVIIIe ou du XIXe siècle ne se traite pas comme une construction neuve: les murs en grès des Vosges, en torchis ou en pans de bois respirent à leur manière. Une étanchéité mal pensée les fait pourrir en silence derrière le doublage.
  • La gestion de l'eau et de l'humidité demande un diagnostic sérieux, surtout dans une grange ou un cellier réinvesti; la salubrité des chambres en dépend, et donc le confort du voyageur.
  • L'art de recevoir suppose aussi de ne pas épuiser le village: se renseigner en mairie sur d'éventuelles réglementations, et dialoguer avec ses voisins avant d'ouvrir, fait d'un projet privé une présence acceptée.