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La Cave à Saverne : une escale bistrot au bord du canal de la Marne au Rhin

D'après la critique publiée par Gilles Pudlowski, La Cave de Saverne — anciennement La Cave Profonde — fait souffler un vent de bistrot contemporain sur les classiques alsaciens, sous la conduite de…

La Cave à Saverne : une escale bistrot au bord du canal de la Marne au Rhin

D'après la critique publiée par Gilles Pudlowski, La Cave de Saverne — anciennement La Cave Profonde — fait souffler un vent de bistrot contemporain sur les classiques alsaciens, sous la conduite de Christian Matt et Sébastien Schmitt. Pour qui séjourne dans une maison d'hôtes ou un gîte du secteur, l'adresse mérite qu'on s'y attarde au moins une soirée: elle conjugue un cadre patrimonial soigné et une carte qui assume pleinement l'héritage régional sans le figer dans le folklore.

La pierre, l'eau et la lumière

Le positionnement de La Cave n'a rien d'anodin: la salle et la terrasse ouvrent une perspective directe sur le canal de la Marne au Rhin, et cette relation visuelle avec l'eau structure tout le repas. Dans une région où l'architecture des demeures se lit à travers la maçonnerie, les huisseries et la profondeur des ouvertures, on apprécie que le restaurant joue la carte de la transparence plutôt que celle de la cave obscure — le mot « profonde » a d'ailleurs disparu de l'enseigne. Pour nos hôtes en quête d'expériences immersives, c'est une halte qui prolonge le plaisir de la balade urbaine: on s'installe, on regarde les bateaux passer, on savoure une Ur Pils ou une Licorne à la pression pendant que la lumière décline sur la pierre.

La carte, entre terroir et gestes maîtrisés

La maison mise d'abord sur la tarte flambée, et c'est ici que le métier se révèle. Trois versions — nature, gratinée au gruyère, gratinée au munster — reposent sur une pâte d'une finesse exemplaire, garnie d'oignons fondants et d'un lard soigneusement sélectionné. Une démonstration de simplicité parfaitement maîtrisée. Le reste de la carte confirme la main de Sébastien Schmitt: croque-monsieur généreux, pizza à la burrata, « chien marrant » qui revisite le hot-dog à l'alsacienne avec une moricette (pâte à bretzel), choucroute, lard et cervelas grillé, ou encore « sandwich américain » qui met le burger à l'heure lorraine grâce à la viande du boucher de Langatte. Salade César et œufs mayonnaise aux oignons rouges complètent un registre bistrot franchement bien mené. Côté douceur, signalons la tarte au fromage, la meringuée aux myrtilles et surtout le « casse-noisettes » — fondant-craquant chocolat-noisette signé Christophe Felder et Camille Lesecq, irrésistible.

Ce que l'on glisse dans l'agenda du séjour

Trois rendez-vous alsaciens viennent densifier le calendrier de l'arrière-saison. Les vendanges ont démarré le mardi 18 août 2026 sur l'ensemble des cépages, un record historique de précocité qui ouvre, pour les maisons d'hôtes viticoles, une fenêtre rare sur les pressoirs en activité. Le 27 octobre 2026, Kaysersberg accueillera au Chambard la deuxième édition du Championnat du Monde de la Tourte de Gibier — Le Meilleur Pithiviers, orchestrée par les Meilleurs Ouvriers de France Olivier Nasti, Éric Briffard et Fabien Pairon, sous la présidence d'honneur de Michel Roth: huit finalistes s'affronteront autour d'un plat emblématique du patrimoine culinaire français, dont les candidatures sont ouvertes jusqu'au dimanche 13 septembre. Enfin, pour les propriétaires comme pour les voyageurs qui aiment prolonger l'expérience d'un lieu par sa table, le passage par La Cave de Saverne s'impose comme une étape où l'on revient volontiers — et où l'on a vite envie d'y laisser son rond de serviette.